Irène Lindon
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(à 76 ans) |
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Irène Lindon, née le à Paris où elle meurt le , est une éditrice française.
Elle est une figure des Éditions de Minuit, longtemps dirigées par son père, Jérôme Lindon. Elle en prend la direction à la mort de ce dernier, en 2001, jusqu'en 2021, où elle prend sa retraite et cède la maison au Groupe Madrigall.
Biographie
[modifier | modifier le code]Irène Lindon naît le le 5 avril 1949 à Paris. Elle est la fille ainée de l'éditeur Jérôme Lindon, qui reprend les Éditions de Minuit un an avant sa naissance. Elle a deux frères : l'écrivain Mathieu Lindon, et le cinéaste André Lindon[1].
Elle grandit entourée d'écrivains, tandis que son père, durant les années 1950, fait émerger le Nouveau Roman et des auteurs comme Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet, Michel Butor,Claude Simon ou Samuel Beckett. Lycéenne à l'École alsacienne, elle fait parfois le mur la nuit pour retrouver ce dernier, qui l'emmène assister à des mises en scène d'En attendant Godot[1].
En 1968, elle cesse ses études de philosophie à la Sorbonne et entre à mi-temps aux Éditions de Minuit, 7, rue Bernard-Palissy. Elle y travaille au côté d'Henri Causse, entré quatre ans plus tôt. À partir de 1971, elle travaille aux Éditions de Minuit à temps plein[1].
Selon l'historienne Anne Simonin, elle connait précisément tous les postes, la fabrication, la presse, le commercial et la correction. Formant petit à petit un tandem indissociable avec son père, elle est à partir de 1991 chargée de la sélection des textes publiés[1].
Proche de Marguerite Duras, elle est la première lectrice de L’Amant (1984), dont l'écrivaine lui fait lire le manuscrit après l'avoir convoquée dans sa maison de Neauphle-le-Château. Elle publie aussi plusieurs auteurs alors inconnus, tels l'essayiste Pierre Bayard en 1992, ou le romancier Tanguy Viel en 1997. C'est ce dernier qui lui fait passer un manuscrit de son ami Laurent Mauviger, dont elle publie le premier livre[1].
En 2001, à la mort de son père, elle prend la direction des Éditions de minuit. Elle poursuit son œuvre en éditant des auteurs emblématiques de la maison, comme Jean Echenoz, Éric Chevillard ou Jean-Philippe Toussaint; mais fait aussi émerger de nouvelles personnalités, comme Pauline Peyrade, Claire Baglin, Vincent Almendros, Julia Deck ou encore Pauline Delabroy-Allard[2],[3]. Durant tout ce temps, elle préfère rester dans l'ombre et refuse les interviews[3].
En 2021, elle prend sa retraite, nommant pour lui succéder Thomas Simonnet, éditeur chez Gallimard, et cédant les éditions au Groupe Madrigall[1].
Irène Lindon meurt âgée de 76 ans le à Paris, peu de temps après avoir pu se réjouir du prix Goncourt attribué à Laurent Mauvigner. Ce dernier lui rend hommage dans Libération[4].
Notes
[modifier | modifier le code]- « Irène Lindon, ancienne directrice et pilier des Editions de Minuit, est morte », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Irène Lindon, figure des prestigieuses éditions de Minuit, est morte », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- « Irène Lindon, figure défricheuse majeure de l'édition, s’est éteinte | Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )
- ↑ Frédérique Roussel, « Laurent Mauvignier après la mort d’Irène Lindon : «L’écriture était en elle, c’était son ADN» », sur Libération (consulté le )
Liens externes
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