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Webzine

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Exemple d'un webzine, "Perihelion".
Page d'accueil du magazine numérique américain State Magazine (en) en 2021.

Un webzine est un magazine publié sous forme d'un site web, sans contrepartie imprimée. Le webzine peut être publié par des amateurs ou des journalistes professionnels. Il peut aussi être gratuit ou payant.

On parle de webzine interactif lorsque les visiteurs peuvent commenter les articles ou de webzine collaboratif lorsque les internautes peuvent publier eux-mêmes leurs chroniques sur le site.

Grace à son support numérique, un webzine offre une expérience de lecture différente d’un magazine. Le lecteur peut découvrir des articles thématiquement liés grâce à des liens connexes, plutôt que la collection d’articles que l’éditeur a choisi de réunir dans une édition.

Dans le microcosme de la littérature de science-fiction et de fantasy, on appelle couramment webzine un fichier téléchargeable contenant aussi bien des nouvelles, que des articles, des interviews et des step-by-step d'illustrateurs.

Comme les fanzines, les webzines sont souvent thématiques. Ils sont réalisés par des passionnés, souvent en équipe. Les thèmes abordés tournent souvent autour de sujets peu traités par les médias traditionnels : bande dessinée, musique alternative (rock indépendant, heavy metal, punk rock), jeu de rôle mais aussi cinéma, histoire, Internet, mode, etc.

Peu de critères objectifs différencient un webzine amateur d'un site personnel : le nombre de contributeurs, leur passion, la qualité technique de la réalisation sont comparables. Couramment, on attend d'un webzine une ambition rédactionnelle : du contenu original et une parution relativement régulière.

Au début des années 2000, quelques webzines réalisent des audiences qui n'ont rien à envier aux médias classiques et certains jouissent d'une certaine reconnaissance.

Comme ils ont partiellement remplacé les fanzines, les webzines voient leur importance mise à mal par le développement des blogues dès les années 2000, encore plus simples à mettre en œuvre.

Dès le début de l’ère des ordinateurs personnels à la fin des années 1970, des artistes et des concepteurs ont commencé de créer de l’art textuel pour les premiers webzines avec l’ASCII. Ces premiers concepteurs de design numérique utilisaient des caractères comme des points d’exclamation ou des tirets pour créer des images pour leurs sites web. Les premiers webzines portaient sur des sujets comme la musique et la science-fiction, tout comme les fanzines physiques, mais maintenant il y en a également qui portent sur de nouveaux concepts de l’âge du numérique, comme la technologie et le piratage[1].

On peut considérer le magazine digitale SwiftCurrent comme étant le premier webzine payant. Ce magazine littéraire, crée en 1984 à l'Université York par Frank Davey et Fred Wah, nécessitait un frais d’abonnement et acceptait seulement des publications par des auteurs déjà publiés[2].

Un des webzines pionniers le plus fréquenté était Salon.com, qui existe encore aujourd’hui. Le site, lancé en 1995, a construit sa réputation avec des articles sur la politique étatsunienne et des critiques culturels. En octobre 1999, le site a été déclaré par l'Échelle de Nielsen comme ayant 2 millions d’usagers[3]. Initialement gratuit, le site a intégré un système d’abonnement appelé Salon Premium en 2001. En 2005, le site a gagné un revenu de 2.2 millions de dollars[4].

En France, le premier webzine fut Cybersphère, créé par Cyril Fievet en 1995[5], qui proposait des articles gratuits et d'autres payants et qui s'arrêta en 1996.

D'autres sites amateurs, lancés à peu près à la même époque, sont aujourd'hui encore bien vivants - notamment les webzines consacrés à la musique classique, ConcertoNet (1997[6]), Forumopera[7], Altamusica[8] et ResMusica[9] (1999).

On peut citer notamment les webzines Soitditenpassant.com (fondé en 1996)[10], W-Fenec.org[11], Les Chroniques du Menteur[12] fondées en 1998, Mysterious Yanick D[13] et Les Nuées[14] créées en 1997, ces webzines font la part belle à l'humour et à l'ironie.

On peut également citer, dans le domaine historique, le webzine Histomag'44[15], bimensuel consacré à la Seconde Guerre mondiale fondé en 2001 et devenu Histomag 39-45.

Avec le temps et le développement des performances en ligne, l'offre s'est diversifiée. Helloways en est un exemple dans le domaine ténu de la randonnée pédestre.

La fermeture du magazine papier Psikopat (2019) engendre la création du webzine Mazette (lancé par l'une des deux employés permanentes de Psikopat, Mélaka) de 2019 à 2022[16]. Le magazine en tire le bilan en faisant une dernière critique des médias en France[17],[18].

Moyens nécessaires

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La compétence technique nécessaire peut être minime : la maîtrise d'un logiciel de conception de site web comme les CMS ou du langage HTML suffit. L’évolution des CMS dans les années 2000 a permis une accessibilité même plus grande à la création des webzines, car les plateformes qui sont sorties durant cette période ont permis aux utilisateurs n’ayant aucune connaissance en HTML de créer des sites web facilement. Contrairement à leurs homologues sur papier, ils bénéficient avec Internet de moyens de publication moins onéreux et de diffusion plus large.

Modèle commercial

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Tandis que plusieurs webzines sont des projets passions qui n’ont pas de but lucratif, d’autres sont des entreprises rentables. Les webzines peuvent créer un système d’abonnement pour accéder à une partie ou l’entièreté du contenu sur leur site. Ils peuvent également gagner du revenu par divers types de publicités : des bannières web à côté du contenu principal, des liens d’affiliation, ou des publicités ciblés aux visiteurs du site. Du point de vue financier, les webzines sont plus économiques que les publications sur papier car il n’y a pas de frais lié à l’impression ou la distribution. Cependant, il peut avoir des frais liés à l’hébergement web.

Influence politique et culturel

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Tout comme les périodiques physiques, les webzines peuvent agir comme reporteurs ou porte-paroles dans la sphère politique. Aux États-Unis, le site Salon.com a fait du reportage significatif sur l’affaire Monica Lewinsky, en étant la première publication à relever l’ironie du rôle de Henry Hyde comme investigateur, compte tenu de sa propre liaison extraconjugale[4].

En France, les webzines Numerama et PC INPact ont joué un rôle majeur dans la formation une réaction critique contre la campagne HADOPI de 2011. Numerama a premièrement publié un article plus neutre décrivant la campagne, et après une forte réaction de la partie de ses lecteurs dans les commentaires, a publié une critique informée par ces réactions une semaine plus tard. Des cas comme celle de Numerama démontrent non seulement l’influence des webzines sur l’opinion publique, mais la capacité des webzines interactifs d’agir comme lieux d’échange et de discussion[19].

Similairement, le webzine interactif acadien Astheure a été fondé avec la mission de promouvoir une démocratisation du milieu de la francophonie acadienne en permettant à n’importe qui de commenter sur leur site. Néanmoins, la littératie numérique demeure toutefois un obstacle pour certains, particulièrement les populations âgées, de participer dans ces nouveaux lieux de vie collective[20].

Articles connexes

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Notes et références

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Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Teal Triggs (trad. Claire Réach), Fanzines : la révolution du DIY, Pyramyd éditions,
  2. (en) Frank Davey, « SwiftCurrent: A Canadian Experiment in On-line Literary Texts », The Serials Librarian, vol. 13, no 4,‎ , p. 103–109 (ISSN 0361-526X, DOI 10.1300/J123v13n04_10, lire en ligne, consulté le )
  3. (en-US) Charles Piller, « Salon.com Wins Credibility Online With Intelligent and Stylish Content », sur Los Angeles Times, (consulté le )
  4. a et b (en) David Carr, « The Founder of Salon Is Passing the Mouse (Published 2005) », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Un des pionniers du Net en France vient de lancer " Netizen ", un mensuel sur la révolution blog », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. « Présentation de ConcertoNet »
  7. « Forumopera fête ses vingt ans »
  8. « Article d'Antoine Livio du 07/12/1999 »
  9. « ResMusica : Qui sommes nous ? »
  10. soitditenpassant.com, Soit dit en Passant
  11. W-Fenec.org, W-Fenec.org
  12. menteur.com, Les Chroniques du Menteur
  13. « Mysterious Yanick D »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. « Les Nuées »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  15. [1], Histomag'44
  16. https://mazette.media/l-edito/
  17. https://mazette.media/la-mort-du-media-independant/
  18. « Mazette ! Psikopat renaît de ses cendres sous un nouveau (...) », sur actuabd.com (consulté le ).
  19. Philippe Odou, Graham H. Roberts et Dominique Roux, « Co-producing cyber protest: mesomobilization in the digital age », Consumption Markets & Culture, vol. 21, no 1,‎ , p. 42–64 (ISSN 1025-3866, DOI 10.1080/10253866.2017.1343724, lire en ligne, consulté le )
  20. Laurence Arrighi, « Astheure, on parle - expérience d’un dispositif participatif en ligne au sein d’une communauté linguistique minoritaire. Le cas d’un webzine acadien », Multilinguales, no 20,‎ (ISSN 2335-1535, DOI 10.4000/multilinguales.11339, lire en ligne, consulté le )